Retour sur le match Semur – Cherbourg du 15 mai et LA MONTEE EN D2

Posté le 17 mai 2010 dans Actualités, Equipe A PRO D2, Featured

Dans une salle des Sports bondée, le public semurois a assisté avec délectation à la montée du HBC Semur en D2. Petit moment d’histoire dans la cité médiévale de l’Auxois.

De la foule aux quatre coins de la petite salle des Sports de la rue du Champ-de-Foire. Rarement la cité côte-d’orienne et ses 4500 habitants n’auront connu une telle effervescence. On avait déjà franchi des sommets, il y a trois semaines lors du choc des leaders face à Vernon (victoire de Semur qui s’était d’ailleurs emparée de la 1ère place du classement). On a cette fois atteint des hauteurs vertigineuses en terme d’affluence. C’est comme si toute la ville de Semur-en-Auxois s’était donnée rendez-vous tant le moment était historique. « Il faudrait pousser les murs » soulignait un spectateur qui avait eu la chance de trouver de la place. « C’est quand même super pour la région de voir autant de monde dans cette salle, vivement la D2 » notait Alain Quintallet, le préparateur physique de l’équipe de France.

« Voir autant de monde cela donne des frissons, c’est l’idéal pour jouer » confiait avec bonheur Pierrick Naudin.

Et le public a pu très vite se régaler devant le spectacle offert Nicolas Martin et Thibaut Pickaerts qui récoltaient leurs faveurs des enfants qui scandaient copieusement leur nom « Nicolas, Nicolas, Thibaut Thibaut« . C’était ensuite aux gardiens du HBCS d’émerveiller les spectateurs. A la mi-temps Semur avait déjà fait le plus dure (16-28). A cinq minutes Joël Sallier, le responsable de la communication du club et accessoirement chauffeur de salle pouvait entonner « On est en D2, on est en D2« , repris aussitôt par les 900 spectateurs debout et ivres de bonheur au coup de sifflet final. La communion des joueurs avec le public pouvait débuter. Elle allait durer un long moment dans les quatre coins de cette si petite mais sympathique salle du Champs-de-Foire…

Grâce à cette victoire, au terme d’une saison pleine, Semur accède à la D2 en terminant à la deuxième place de sa poule et en étant invaincu dans son chaudron cette saison. Un événement immense.
Semur enregistre alors sa deuxième montée en trois ans et sa troisième en cinq ans (il y a 5 saisons, le HBC Semur se trouvait en N3)

Comme si les Semurois n’avaient déjà pas assez patienté ces derniers temps… Comme si, depuis la victoire contre Vernon il y a trois semaines, et encore plus depuis le succès difficile obtenu sur le terrain de Saran il y a quinze jours, les hommes de Thierry Vamillier, mais également tout le club auxois, tous les supporters des Rouge, toute la petite cité du nord de la Côte-d’Or, n’avaient pas attendu assez longtemps… Les péripéties des Cherbourgeois sur la route ont encore rallongé cette attente de trois quarts d’heure (le coup d’envoi a été donné à 21h15 au lieu de 20h30 du fait que Cherbourg soit tombé en panne de bus sur l’autoroute).

Mais le résultat s’est avéré le même. Au terme de la dernière journée du championnat, qui s’est soldée par une nouvelle victoire, les Semurois ont écrit un chapitre historique dans l’histoire du handball côte-d’orien, en accédant à la D2. Avec ses quelque 4 500 âmes, Semur évoluera la saison prochaine dans l’antichambre de l’élite. Avec Nancy, avec Besançon – pour un derby de l’Est qui sera déjà un rendez-vous -, sans doute avec Créteil, avec Pontault-Combault, avec Sélestat…

Enorme. Incroyable. Historique. Évidemment, les qualificatifs manquent pour décrire ce qu’a réalisé la bande à Thierry Vamillier, à qui on ne donnait plus beaucoup d’espoir au cœur de l’hiver, de s’extirper de cette foire d’empoigne que se livraient les Vernon, Mainvilliers, Massy et même Bordeaux depuis le début de la compétition.
Mais c’est une alchimie singulière qui opère à Semur et qui est sans doute à l’origine de ce parcours, de cette aventure merveilleuse.

Un public fidèle, en place plus d’une heure avant le coup d’envoi, et un groupe qui, après avoir franchi de nombreux obstacles, s’est arraché dans la dernière ligne droite. « On n’y croyait plus après le match perdu contre Mainvilliers. Mais on a enchaîné neuf ou dix victoires d’affilée. On s’est mis à bien défendre. On a fermé la boutique, ce qui nous a permis d’être serein sur bien des matches« , précise Thibaut Pickaerts.

Comme hier soir, où, après avoir pris l’avantage immédiatement (4-1, 7e), Semur n’a jamais lâché sa prise (11-7, 20e). Sans doute un peu pressé par l’enjeu, à l’instar de ses deux arrières Kovacs et Naudin, qui peinaient à trouver le cadre, Semur s’est peu à peu relâché pour passer la vitesse supérieure. Et Grébonval, couché dos au but, parvenait à tromper la vigilance du portier cherbourgeois (17-9, 30e).

La machine était partie. Sebalj, Mocanu et Martin en remettaient une couche (25-15, 41e), bientôt suivi par Kovacs (28-16, 47e). C’en était terminé. Il suffisait dès lors de gérer l’avance même si Cherbourg réduisait largement l’addition (32-21, 56e puis 34-28, 60e).

Qu’importe. Les hommes de Vamillier pouvaient laisser exploser leur joie, glisser de bonheur sur leur terrain détrempé et communier avec leur public. Ce public de supporters si fervents.

Source / photos : Bien public